Conférence d’avril (1)

Rosendaël, terre de Résistance et Paul Machy, martyr de la déportation

par Olivier Vermesch et Patrick Oddone

Mercredi 9 avril 2025, 18h30, à la mairie-annexe de Rosendaël

En préambule à la commémoration du 80e anniversaire de la Libération, la Société dunkerquoise d’histoire et d’archéologie propose une conférence à deux voix, qui restituera l’engagement et le rôle joué par une poignée de résistants, sous une occupation pesante, massive et particulièrement répressive.
Olivier Vermesch, vice-président, évoquera le parcours de ces patriotes qui ont pris tous les risques pour exfiltrer des prisonniers de guerre de 1940, des pilotes de la Royal Air Force abattus en Belgique ou en Flandre, mais aussi transmettre à Londres, à l’Intelligence Service ou à la France libre, de précieux renseignements sur les troupes allemandes stationnées à Dunkerque, la construction des ouvrages défensifs côtiers et l’utilisation du port par l’occupant. Sachant que tous ces groupes ou réseaux de résistance seront démantelés par le contre-espionnage de l’armée allemande et leurs membres emprisonnés, condamnés, voire déportés sous le statut « Nacht und Nebel ».
Patrick Oddone s’attachera à évoquer la mémoire de Paul Machy, maire de Rosendaël, l’un des rares premiers magistrats de l’agglomération à être resté à son poste durant et après le tragique débâcle de mai-juin 1940. Après avoir rappelé les conditions de son accession au pouvoir municipal, il retracera son attitude courageuse sous l’occupation, malgré la surveillance constante dont il faisait l’objet, l’attention qu’il portait à ses concitoyens confrontés aux restrictions de tous ordres, mais aussi les circonstances de son arrestation, sa condamnation, son départ en déportation, le supplice qu’il vécut dans les camps de concentration, et enfin sa disparition.

Conférence du mois de mars

« Les batailles de Cassel en 1071, 1328 et 1677 : la nature de ces conflits en Flandre maritime »
Par Éric Vanneufville

Mardi 25 mars 2025 à 18h30
Au Casino de Dunkerque

Entrée Libre

En 1071,1328 et 1677, se sont déroulées trois importantes batailles près du mont et de la cité de Cassel, extra muros cependant.
Leur point commun était la participation forte de troupes françaises venues en cette terre de Flandre Maritime par l’une des voies bien connues des Rois de France lorsqu’ils menaient leurs expéditions militaires depuis l’Artois où ils avaient réuni leurs forces. Cassel était tout naturellement le repère dominant facilitant la concentration des armées arrivées depuis Saint-Omer.
Chacune des trois batailles eut cependant des traits fondamentaux différents. En 1071, c’était une lutte seigneuriale pour le pouvoir comtal entre nobles apparentés, convoitant le trône de Flandre. En 1328, le conflit fut social et régional, à l’initiative de paysans révoltés contre l’ordre établi, presque une « lutte des classes » comme le soutiendra plus tard Paul Lafargue. En 1677, comme en nos guerres modernes, il s’est agi d’un affrontement international entre États, sans considérations seigneuriales ou sociales et sans implication militaire des autochtones.
Ces traits dominants seront explicités en conférence par Éric Vanneufville, historien de Flandre.

La bataille de Cassel, le 23 août 1328, par Henry Scheffer.

«

Conférence du mois de février 2025

« Sur les traces de l’Orphelinat-Hôpital de Socx »

Par le Dr. Erick Verlet

Jeudi 20 février à 18h30
Salle des Fêtes de la Mairie-annexe de Rosendaël

Cette conférence, qui sera donnée par le Dr. Erick Verlet, illustre les évolutions d’une parcelle de bonne terre flamande de près de 8 000 m2, située en plein centre du village de Socx. Ce terrain aura vu défiler en moins de 120 ans, successivement : un orphelinat de jeunes filles géré par la congrégation des Sœurs de la Charité de Saint Vincent de Paul, un lazarett allemand (hôpital militaire) sous l’occupation pendant la Seconde Guerre mondiale, avec la construction d’un bunker, puis une ambulance des Forces Françaises de l’Intérieur (FFI) pendant quelques semaines, relayée par une annexe de l’hôpital de Dunkerque jusqu’en août 1945.
La commune en racheta une partie en vue d’un agrandissement de l’école communale qui, finalement, fut construite derrière l’église Saint-Léger (école du Grand Chêne). L’ensemble du foncier avec les bâtiments et annexes de l’orphelinat furent vendus pour l’implantation d’un garage station-service avec concession Volvo de 1967 à 1992, puis repris par les établissements Rubi, réparation et entretien de machines agricoles et tondeuses professionnelles. La commune de Socx racheta l’ensemble en 2003 en vue de la construction d’un béguinage de logements sociaux, qui furent inaugurés en 2006.
Le conférencier abordera les origines et la vie quotidienne d’un orphelinat de jeunes filles d’un village flamand gérée par une congrégation, la destinée d’un bâtiment qui devint un véritable hôpital avec ses organisations successives durant la Grande Guerre et la Seconde Guerre mondiale, puis son devenir après son abandon progressif, dans le contexte des Trente Glorieuses. De nombreux témoignages émouvants seront rapportés, accompagnés d’une riche iconographie.

Conférence de Janvier

Les derniers corsaires de notre littoral, sous la République et l’Empire.


Mardi 21 janvier, 18h30, à l’issue de l’Assemblée générale de la SDHA, au Casino de Dunkerque

Un chant de corsaires, chant de foyus d’avant course (banquet) écrit à cette époque, à bord du Lougre corsaire le « FURET » de Boulogne, sera le fil rouge de cette conférence qui suivra l’Assemblée générale de la SDHA (Société Dunkerquoise d’Histoire et d’Archéologie).
Il sera question de la Petite Course, la dernière, contre anglais et coalisés, en cette période du Directoire, du Consulat et de l’Empire, où d’évidence, les ports de Dunkerque, Calais et Boulogne voient leurs activités maritimes et particulièrement corsaires totalement imbriquées.
Tel un Phénix, le Furet, sera pendant 20 années, en course sur « l’Onde amère » et tempétueuse des mers étroites, de préférence la nuit, pour aborder l’anglais et piller son commerce.
Lougres agiles, fous-volants, en petites jauges, plus de dix-sept « Furet » ont traqué sans cesse les bâtiments ennemis. Leurs équipages eurent des capitaines emblématiques : Bucaille et Altazin à Boulogne, Tom Souville à Calais, Plucket, Blanckeman et Guillaume Gaspard Malo à Dunkerque…
En conclusion, Michel Bazimon, conférencier, hissera de nouveau les voiles du groupe chants de marins « DUCS D’ALBE » pour entonner, « à la goule », ce chant de notre patrimoine maritime aux belles résonances d’avec les démêlées riches d’acrimonies de nos pêcheurs en temps de Brexit.

Maquette du Furet, lougre corsaire de Guillaume-Gaspard Malo. Don de Gaspard Malo fils, en juillet 1877, au Musée des Beaux-Arts de Dunkerque et exposée au Musée maritime et portuaire de Dunkerque.

conférence de Décembre

« ENTRE COLLABORATION ET RESISTANCE : LE RATTACHEMENT DE DUNKERQUE A LA FRANCE »

JEUDI 19 DECEMBRE à 18h30
Hôtel de ville, Mairie-annexe de Rosendaël

Par Agathe LEYSSENS

En 1701, l’Angleterre, les Habsbourg d’Autriche et les Provinces-Unies s’apprêtent à fondre sur une France abritée derrière les forteresses de Vauban. Ce dernier alerte Louis XIV sur la principale faiblesse des places du Nord : nombre de leurs habitants souhaitent être encore sous la domination des rois Habsbourg et « voir mort le dernier des Français ». À l’instar des Flandres, du Hainaut ou encore du Cambrésis, Dunkerque, dans la seconde moitié du XVIIe siècle, a du mal à se « désespagnoliser ».
Agathe LEYSSENS, membre de la société dunkerquoise d’histoire, évoquera la lutte sans merci entre le Roi d’Espagne et le Roi de France pour capter la fidélité des élites municipales dunkerquoises, condition sine qua non pour imposer leur souveraineté sur le littoral flamand. Dans cette terrible compétition, tous les coups sont permis : espionnage, complots, manipulations, fake news. Prises dans les soubresauts de l’histoire, bousculées par les multiples changements de nationalité, les élites dunkerquoises louvoient entre collaboration et résistance afin de sauver l’essentiel : les libertés de Dunkerque.

Les Dunkerquois en armes, prêts à défendre leurs libertés
Ecole flamande, Les membres de la confrérie de Sainte Barbe de Dunkerque en 1633 (détail), M.B.A. de Dunkerque.

Conférence de novembre

Les Wateringues face au défi climatique

Mardi 19 novembre 2024 à 18h30
Casino de Dunkerque

Les wateringues sont indissociables de l’ancien delta de l’Aa. Ce territoire de 100 000 hectares, inscrit dans le triangle Calais – Dunkerque – Saint Omer, a été gagné sur la mer au fil des siècles. On appelle ça un polder !
Il est protégé des invasions marines par des digues et des dunes, et l’évacuation des eaux continentales est assurée par un système particulier et complexe de drainage : les Wateringues. La communication proposée par Xavier Chelkowski, écologue, Directeur d’études résilience et adaptation au changement climatique à l’AGUR, vous propose de découvrir l’histoire de cette institution et les défis qu’elle devra surmonter dans un avenir proche.
Avec le changement climatique, l’adaptation du territoire est devenue un impératif.
Si vous souhaitez découvrir ou en savoir plus sur le système des Wateringues, comprendre ce qui nous attend au regard des conséquences prévisibles du changement climatique, et discuter des pistes d’adaptation pour continuer à vivre et se développer sur ce territoire, cette conférence est faite pour vous !

Conférence du mois d’octobre

LES PRÉSIDENTS DE LA RÉPUBLIQUE À DUNKERQUE

DE FÉLIX FAURE À EMMANUEL MACRON

par Jean Louis Perreau

Jeudi 24 octobre 2024 à 18h30 à la mairie de Rosendaël

visite du président Poincaré à Dunkerque

De 1897 à 2023, la ville de Dunkerque a reçu la visite de nombreux présidents de la République. Avant 1914, ils venaient dans notre cité pour s’embarquer à destination de la Russie ou des pays du Nord, comme Félix Faure ou Émile Loubet. Plus tard, ils viendront pour inaugurer un monument, comme Raymond Poincaré ou René Coty, ou bien pour visiter les installations portuaires ou industrielles, comme De Gaulle ou François Hollande.

Leur séjour, parfois bref, a été marqué par des banquets, des bains de foule, des discours, et la traditionnelle réception des Bazennes. L’accueil des Dunkerquois, toujours enthousiaste au temps de la IIIe et de la IVe République a été parfois troublé par des manifestations hostiles après 1960.

C’est cette histoire que retracera Jean-Louis Perreau, secrétaire de la Société dunkerquoise d’histoire et d’archéologie, au cours d’une conférence qui sera illustrée par de nombreuses photographies, cartes postales d’époque, articles de presse, et même de quelques images filmées.

Entrée Gratuite

Conférence de septembre 2024

CONFERENCE DE LA SDHA par Jean-Pierre Mélis ( vice-président )

Jeudi 26 septembre à 18h30

Au Casino de Dunkerque

LES VOILIERS DUNKERQUOIS AUX INDES

En 1841, le trois-mâts Louise Lavoye est le premier voilier dunkerquois à pénétrer dans l’Océan Indien. Il ouvre ainsi la voie du commerce les Indes et de l’Asie pour un port dont l’activité économique repose alors essentiellement sur la grande pêche de la morue à Islande et le commerce du sucre des Antilles. Peu à peu, Pondichéry, Calcutta ou Bombay deviennent des destinations courantes pour des équipages qui doivent affronter les difficultés de cette nouvelle navigation : typhon, ports difficiles d’accès, piraterie, caprices de la mousson, hégémonie du commerce des Anglais. L’épopée des voiliers prend fin avec l’ouverture du canal de Suez mais, entretemps, ils auront ramené à Dunkerque des marchandises aussi variées que l’indigo, le riz, les graines de pavot ou encore des dizaines de milliers de cornes de buffles. Le conférencier, Jean-Pierre Mélis, se propose de faire découvrir, à l’aide de très nombreuses illustrations, cet épisode peu connu de la vie maritime à Dunkerque

Conférence de juin

Entrée gratuite

Si les premiers bains de mer de France remontent déjà à près de 200 ans, les stations balnéaires de la Côte d’Opale prennent un essor fulgurant dans les toutes premières années du XXIème siècle. Du Touquet à Ostende, en passant par Malo-les-Bains et Bray-Dunes, elles rivalisent d’astuces pour attirer à elles une clientèle toujours plus nombreuse.

Alors que « la plus belle plage du Nord » érige son casino et déploie sa belle digue-promenade, Malo-Les-Bains ne trouve bientôt plus d’espace pour s’étendre. A ses confins pourtant, deux hommes pleins de fougue se lancent dès 1900, dans une course effrénée pour rivaliser avec la belle voisine. A Leffrinckoucke et Malo Terminus, Edouard Denièle et Alfred Roche rêvent d’édifier au milieu des dunes et face à la mer, la plus coquette des plages de la région.

En quelques mois, le petit hameau de Terminus, situé entre Malo-Les-Bains et Leffrinckoucke, devient le cadre d’une fulgurante promotion immobilière avec pour navire-amiral, un immense casino aux allures de mastodonte haussmannien, censé ravir la vedette à toutes les plages avoisinantes.

Leffrinckoucke et Malo Terminus deviennent, le temps d’une décennie, l’objet de toutes les attentions et de tous les ravissements.

Passionné d’histoire locale et natif de Malo-Les-Bains, Nordine HENNI nous entraîne dans la folle histoire de la création de la station balnéaire. Il nous raconte comment le rêve fou de deux entrepreneurs ambitieux, se heurte aux vicissitudes tragiques d’un siècle qui s’annonçait pourtant, si prometteur.

Conférence du mois de mai 2024

Visions artistiques de l’Opération Dynamo

Par Michel Tomasek

Mardi 28 mai à 18h30 au Casino de Dunkerque

On pouvait penser que la photographie allait complètement faire disparaître les arts traditionnels dans la représentation des conflits du XXe siècle. Pas du tout ! S’il existe, en effet, des millions de photos de guerre, le dessin, la peinture ont largement survécu et, bien au contraire, ont permis de transmettre des visions totalement inattendues, personnelles qui enrichissent la perception historique de ces événements. Michel Tomasek, docteur en histoire de l’art, dans le cadre des conférences de la Société Dunkerquoise d’Histoire et d’Archéologie dont il est vice-président, présentera un choix d’œuvres représentatives des visions françaises, britanniques et allemandes de l’Opération Dynamo/Bataille de Dunkerque, venant ainsi compléter les nombreuses études des historiens locaux sur cet épisode trop souvent occulté au plan national en France et pourtant essentiel dans le déroulement de la Seconde Guerre mondiale.

Entrée gratuite.

fresque murale d’Otto Schiel (collection privée)